La documentation, le super outil de l’illustrateur

Dessiner, illustrer, c’est surtout apprendre à regarder. En général, on va plus facilement vers les sujets qui nous intéressent. Mais, même en faisant ainsi, il n’est pas rare d’être confronté à des éléments qu’on ne peut pas dessiner ou peindre sans documentation. Bien plus : la documentation permet d’ajouter des détails pertinents (textures, lumières, etc.) à une image et de la rendre crédible donc immersive.

La documentation photographique
Documentation en illustration : Mucha photographie ses modèles

C’est a priori l’idée que l’on a lorsqu’on parle de documentation : les documents photographiques. Dès l’apparition de la photographie, les artistes s’en sont d’ailleurs emparés pour créer des documents visuels de référence pour leurs travaux. C’est le cas par exemple de Degas ou de Mucha. Ils avaient parfaitement compris l’intérêt de cet outil pour travailler plus librement d’après modèle.

Varier ses sources de documentation
pressing matters magazine linogravure documentation

A l’heure actuelle, l’accès à la documentation photo est largement simplifié par Internet et ses moteurs de recherche. Pour autant la photo numérique n’est pas le seul outil de documentation !
Les médiathèques et les bouquinistes regorgent de documents rédigés1 et de livres d’art qui reproduisent parfois des œuvres moins connues ou proposent des réflexions pertinentes autour d’une démarche ou d’une œuvre.

Enfin, plus exigeante, la documentation personnelle, la constitution d’une collection unique de photographies, de dessin d’après modèle, de croquis de référence, mais aussi d’une bibliothèque variée et riche, permet de s’approprier ses propres sujets de prédilection, de les traiter selon son esthétique propre et de composer ses images à partir d’éléments uniques et exclusifs.

Indépendamment du support, je distingue deux formes de documentation : l’une passive et l’autre active.

La documentation passive
Pinterest, documentation et inspiration linogravure

L’ensemble des références que l’on accumule en copiant des images qui nous plaisent sur notre ordi, en enregistrant des posts sur les réseaux sociaux, en « classant » des images dans Pinterest, en gardant des dizaines de magazines papier, etc. crée une masse de documents passifs. La plupart du temps, mal classées et peu exploitées, ces images dorment sur nos disques durs, sur le cloud ou au fond du grenier.

Si vous les parcourez régulièrement, il est possible que vous finissiez par les connaître suffisamment pour que votre cerveau les réutilise plus ou moins consciemment. Mais c’est vraiment peu probable. Au mieux, elles seront une source d’inspiration.
Bref, on oublie ! On redevient réaliste : on n’ira jamais les rechercher quand on en a besoin… Il est donc inutile de collecter à l’avance des photos à titre de documentation.

La documentation active
documentation huile d'olive BD Château Virant

Il est préférable de constituer sa documentation à chaque étape de la création d’une image, en fonction de ses besoins. Qu’il s’agisse de travailler la composition de l’illustration, la posture d’un personnage, la texture d’un objet ou l’ambiance lumineuse, la documentation est votre alliée. Utilisée immédiatement, elle est plus facile à mémoriser et à réutiliser ultérieurement.

La documentation permet d’enrichir l’illustration et de la rendre crédible. Indépendamment des moyens techniques utilisés pour réaliser l’image finale, les documents interprétés permettent d’ancrer une illustration dans une réalité et de faire référence à différents éléments connus ou non du spectateur : lieux, œuvres pré-existantes, personnes, etc. Bien plus que les qualités purement techniques de l’image finale, la documentation est le levier qui permet de créer une image narrative cohérente et crédible dans laquelle le.la lecteur.trice va s’immerger, pour entrer de plain pied dans l’histoire racontée.

Pour aller plus loin

Cet article s’inscrit dans la continuité des la série d’articles « Les coulisses de l’illustration » :

  1. le brief et le cahier de tendances (à paraître en mai 2020)
  2. les recherches graphiques
  3. la documentation
  4. le crayonné
  5. la finalisation (à paraître en juin 2020)

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  1. périodiques, livres d’Histoire ou scientifiques, biographies, essais, vidéos, etc.

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